Sa Lutte contre le side

Sa lutte contre le sida

« Ce que fit Barbara pour les malades du sida reste aujourd’hui encore exceptionnel » 

Valérie Lehoux – « Barbara Portrait en clair-obscur »

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Bien que ce soit durant l’année 1989 que Barbara se consacre à la lutte contre le sida “publiquement”, elle a pris conscience dès le milieu des années 1980 du drame sanitaire et humanitaire auquel nous étions confrontés. Et puis, Barbara semblait comme en colère que cette maladie s’attrape surtout, en faisant l’Amour, elle qui avait tant chanté l’Amour. C’est le 16 septembre 1987 qu’elle chanta pour la première fois au Châtelet “Sid’Amour à mort”, qu’elle précédait par cette phrase : “Voilà une chanson que j’aurais Aimé ne jamais avoir écrite”. Mais pas question de se lancer dans la lutte sans maîtriser le sujet. Ainsi, elle se rapprocha de Willie Rosenbaum, du professeur Leibovitch, et de Gilles Pialoux, urgentiste et journaliste scientifique à Libération. Elle leur posait des questions, car elle savait où elle voulait aller. Et pour éviter de mal comprendre, elle enregistrait les réponses sur des cassettes audio. Pour ceux qui ont connu l’émergence de la maladie, on se souvient des fausses croyances qui gravitaient autour du sida.

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De la panique et des ségrégations qui se créaient. Et à cause de ça, tant de choses inhumaines que l’on faisait vivre aux malades. Des malades mis en quarantaine, des malades qui mouraient douloureusement et surtout seuls, sans famille, ni personne, pour certains. Afin de pouvoir réaliser ce qu’elle avait en tête, il lui fallait des autorisations spéciales : pour chanter dans les prisons. Car elle savait, quoi qu’en disent les gens incarcérés, qu’il y a rapprochement des corps pour supporter ce désert charnel. C’est Jacques Attali qui l’a aidée à obtenir ces autorisations très spéciales. Ces actions ne se déroulaient pas uniquement dans les prisons. Elle allait dans les hôpitaux au chevet des malades pour les soutenir. De plus, elle avait fait installer une ligne téléphonique dédiée aux malades qui pouvaient la joindre nuit et jour. Lors de ses visites à l’hôpital, elle venait toujours avec son chéquier et « on » a même dit qu’elle s’était ruinée (l’argent dépensé était loin d’être négligeable), pour « ses » malades du sida.

Barbara profitait de ses passages sur scène pour toucher davantage de gens à la nécessité « absolue » de se protéger face au sida.
Malgré le sujet très grave qu’elle a décidé d’aborder sur scène, on constate, dans l’extrait ci-dessous, le sens de l’humour dont Barbara était doté et qui est souvent évoqué par ceux qui l’ont connue.

Laissez-passer obtenu grâce à Jacques Attali

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Prison de Fresnes
Barbara chante « Sid’Amour »

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Barbara interprète sa chanson « Sid’Amour ». Les femmes, pour qui Barbara était juste un prénom, semblent  adhérer à ce qui pourrait pourtant devenir une intrusion, surtout quand on ne la connaît pas. Son comportement est naturel et ne ressemble pas à une imposture. Les prisonnières voient toute l’ampleur de sa sincérité et de sa générosité. Alors ça matche ! 

Après être venue chanter à la prison des femmes de Fresnes, Barbara fait livrer ce piano pour qu’il y soit installé, et mis à la disposition des occupantes de passage.
Une fresque réalisée par quelques détenues pour la remercier et inscrire sur les murs de cet endroit, la prison, ce moment passé avec elle, dont elles doivent encore se souvenir.

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Quand on la voit évoluer dans un lieu tel qu’une prison, on voit combien elle est naturelle et s’adapte à son Public. Celle d’Amiens, où exceptionnellement elle était attendue, nous permet de voir son adaptabilité. Habituellement, l’administration pénitentiaire ne communiquait pas sur l’événement.
Cette fois c’est Barbara qui va recevoir, mais on change les rôles ! Émouvant car, en effet , Barbara semble se contenir, mais l’émotion passe quand même. Il ne faut pas flancher, elle est là pour apporter l’espoir… Elle répond à celles  qui ont donné le meilleur  d’elles-mêmes, elle le sait.  Remerciements modestes, mais efficaces tellement Barbara offre sa spontanéité et son authenticité. 
Avec un extrait également d’une vidéo enregistrée à la prison des femmes de Marseille.

« Parmi les rares artistes impliqués dans la lutte contre le sida, révèle un communiqué des dirigeants d’Act Up à la mort de la chanteuse, Barbara a été la seule à nous soutenir sans faille, sans réserve et sans interruption. « Sophie Delassein – Barbara une vie